Prier (verbe)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Adorer la divinité en lui demandant une grâce, en la remerciant d'une grâce. "Il passe ses nuits à Dieu." Absolument, "Il passe ses nuits à . L'Écriture dit : Veillez et priez. Prier pour les morts."
"Prier la Vierge, les saints," S'adresser à la Vierge, aux saints, afin qu'ils interviennent pour nous auprès de Dieu.
"Je prie Dieu que...." se dit en forme de souhait. "Je prie Dieu qu'il vous rende la santé."
"Je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde," Formule par laquelle le roi terminait ses lettres.
PRIER signifie aussi Demander par grâce, avec une sorte d'humilité ou au moins de déférence. "Prier quelqu'un de quelque chose, de faire quelque chose, C'est un homme que je vous prie de protéger. Je vous prie, je vous prie instamment, je vous prie en grâce de lui rendre ce service. Prier à mains jointes. Priez-le de ma part de venir me parler."
"Il veut être prié, il aime à se faire ," se dit d'un Homme qui diffère d'accorder une chose facile qu'on lui demande. "Elle s'est fait pour chanter, et elle en mourait d'envie."
"Je vous prie" s'emploie souvent dans le langage ordinaire, par simple formule de civilité. "Dites-moi, je vous prie, ce que vous entendez par là. Excusez-moi, je vous prie, le vous en prie, si je ne me rends pas à votre invitation. Faites porter cela chez moi, je vous prie. Remarquez, je vous prie, que.... Quelle sera, je vous prie, votre situation?" Il s'emploie quelquefois impérieusement. "Ah! je vous en prie, que je n'entende plus parler de cela. Je vous prie, que cela n'arrive plus. Ne recommencez pas, je vous prie, je vous en prie".
PRIER signifie aussi Inviter, convier. "On l'a prié d'assister à la cérémonie. Il est de ceux qu'on a priés. On l'a prié à dîner."
"Repas, dîner prié," Repas, dîner auquel on est invité avec quelque cérémonie.



Dictionnaire d'Emile Littré




 1   Terme de religion. Adresser des demandes aux puissances célestes.
CORN.: « Et je ai les dieux que dans cet entretien Vous ayez assez d'heur pour n'en obtenir rien »
RAC.: « ....si le ciel encore est touché de mes pleurs, Je le prie, en mourant, d'oublier mes douleurs »

 2   En particulier, s'adresser à Dieu.
SACI: « Lorsque vous priiez Dieu avec larmes et que vous ensevelissiez les morts »
PASC.: « Qui pourra croire que les épicuriens, qui niaient la providence divine, eussent des mouvements de Dieu, eux qui disaient que c'était lui faire injure de l'implorer dans nos besoins.... »
BOSSUET: « Je souhaite d'apprendre, ma fille, si vos douleurs vous ont quittée ; j'en prie Dieu, et qu'enfin il commence à vous soulager après vous avoir poussée si loin »
CHOISI: « Le roi Édouard fit Dieu dans toutes les églises d'Angleterre pour le repos de l'âme du roi Jean, qui était mort à Londres »
    Prier la Vierge, les saints, s'adresser à la Vierge, aux saints, afin qu'ils intercèdent pour nous auprès de Dieu.
    Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde, ou, simplement, pour les personnes d'un rang moins élevé, en sa sainte garde, formule par laquelle le souverain de France termine ses lettres.
    Je prie Dieu que.... se dit par forme de souhait. Je prie Dieu qu'il vous ramène en bonne santé.
    Absolument.
MOL.: « Elle est à bien exacte au dernier point, Mais elle bat ses gens et ne les paye point »
BOSSUET: « En priant pour son âme, chrétiens, songeons à nous-mêmes ; qu'attendons-nous pour nous convertir ? »
BOURDAL.: « Engager les uns à , et empêcher les autres de mal »
MAINTENON: « Pour moi, je n'ai qu'à et à mourir ; et je n'en suis pas fâchée »
STAËL: « Prier ensemble dans quelque langue, dans quelque rite que ce soit, c'est la plus touchante fraternité d'espérance et de sympathie que les hommes puissent contracter sur cette terre »
P. L. COUR.: « [Le peuple] prie les gouvernements de l'épargner un peu, et il croit qu'on l'écoute ; en un mot le peuple est toujours priant et croyant ; croire et , c'est son état, sa façon d'être de tout temps »
V. HUGO: « Enfants, quand vous ez, ez-vous pas pour moi ? »

 3   Demander par grâce. Je vous prie de le protéger.
RAC.: « Une mère pour vous croit devoir me »
    Prier quelqu'un de quelque chose, le lui demander avec prière.
CORN.: « Vois l'urne de Pompée, il y manque sa tête ; Ne me la retiens plus ; c'est l'unique faveur Dont je te puis encor avec honneur »
    Prier un homme de son déshonneur, se dit quand on lui fait quelque demande qu'il n'est pas honorable d'accorder.
HAMILT.: « Vous étant bien amusé durant la promenade à prendre du tabac sans songer à moi, vous ne vous en souvenez au retour que pour me de mon déshonneur en termes honnêtes, mais fort intelligibles »
    Prier que, avec le subjonctif.
SÉV.: « Nous lisons fort ici ; La Mousse m'a priée qu'il pût lire le Tasse avec moi »
SÉV.: « Il [mon fils] me croit autant qu'il peut ; il me prie que je le redresse ; je le fais comme une amie »
SÉV.: « Quand elle [Mme de Marans] nous pria qu'elle pût venir avec nous passer le soir chez M. de la Rochefoucauld »
    Se faire , différer d'accorder une chose demandée et qui n'est pas difficile.
SÉV.: « Elle se fait , pour se donner un nouveau prix »
TH. CORN.: « Eh, pour se marier, Est-il fille aujourd'hui qui se fasse ? »
LA BRUY.: « On a dit de quelques-uns qu'ils se faisaient si longtemps , qu'ils donnaient si sèchement et chargeaient une grâce qu'on leur arrachait de conditions si désagréables.... »
    On dit dans le même sens : il veut être prié.
    Familièrement. Je l'en ai prié comme Dieu, comme pour Dieu, je l'en ai prié à mains jointes, je lui ai demandé la chose avec toute l'ardeur possible.
    Je vous prie, se dit absolument comme formule de politesse. Faites porter cela chez moi, je vous prie.
    On dit de même : je vous en prie. Faites cela, je vous en prie.
    Je vous prie, je vous en prie, s'emploie quelquefois par forme de menace. Ne recommencez pas, je vous prie, je vous en prie.
    Il se dit aussi par humeur.
MOL.: « Si j'étais de mon fils, son époux, Je vous ais bien fort de n'entrer point chez nous »
BOILEAU: « Vous ? mon Dieu ! mêlez-vous de boire, je vous prie »
    Absolument. Prier pour quelqu'un, intercéder pour quelqu'un. J'ai prié pour lui, mais je n'ai rien pu obtenir.

 4   Inviter, convier.
MONTFLEURY: « Des parents à tant d'un côté que d'autre »
DUCLOS: « Mon maudit campagnard s'était informé des personnes que je voyais le plus fréquemment, et n'avait pas manqué de les »
    Prier à, inviter avec quelque cérémonie.
MOL.: « Le mariage se fera dans quatre jours.... mandez-le un peu à son maître de musique, afin qu'il se trouve à la noce.... je vous y prie aussi »
LA BRUY.: « Comme il a faim et que la nuit est déjà avancée, il la prie à souper »
VOLT.: « On m'assure qu'on a vu frère Berthier avec un autre frère, allant par la route de Genève à Soleure ; si j'en avais été informé plus tôt, je les aurais priés à dîner »
GENLIS: « Elle est priée à tous les bals et à tous les soupers »
    Prier de, même sens.
SÉV.: « Si cette partie est rompue, j'irai chez Mme de Chaulnes ; j'en suis extrêmement priée par la maîtresse du logis »
LA BRUY.: « S'il est prié d'un repas »
BARON: « Du souper le patron l'aura prié peut-être »
BOISSY: « Touchez-là : c'est me d'une partie de plaisir »
    Les auteurs de synonymes ont voulu distinguer à de de, disant que de indiquait moins de cérémonie, et que, près de se mettre à table avec ceux qu'on a priés à dîner, une personne survenant, on la prie de dîner. Cette nuance n'est pas observée par l'usage. Cependant, en général, il vaut mieux dire, en ce sens, à que de, du moins dans tous les cas où le sens d'inviter ne serait pas clair, et où l'on craindrait qu'il ne se confondît avec celui de demander avec instance.
    La viande ne prie point les gens, se dit d'un méchant repas.
RÉGNIER: « La viande pourtant ne priait point les gens »

 5   Se , s'adresser une demande, une prière.
A. CHÉN.: « Je me prie, en pleurant, d'oser rompre ma chaîne »
    S'inviter soi-même.
MOL.: « Pressez vite le jour de la cérémonie ; J'y prends part, et déjà moi-même je m'en prie »
    Familièrement. Se se dit pour tout ce qui ennuie ou déplaît. Il faut que je me prie pour aller à cette ennuyeuse soirée.

REMARQUE
    1. Boileau a dit quelque chose à quelqu'un :
BOILEAU: « Tout ce que j'ai à vous maintenant, c'est de me mander.... »
    2. Dans la versification du commencement du XVIIe siècle, on écrivait je te pri'devant une consonne, ou même je te prie (d'une seule syllabe).
MALH.: « Quitte-moi, je te pri', je ne veux plus de toi »
RÉGNIER: « Et prie Dieu qu'il nous garde en ce bas monde ici »
     Épigrammes, dans RICHELET: Maillet, quoique fort importun, Ainsi que dit le bruit commun, N'a pas tant faim comme il crie ; Car, puisqu'il nous donne aujourd'hui Un je te pri pour je te prie, S'il ne mange, il ne tient qu'à lui
    3. On a dit à Dieu, prenant comme verbe neutre. Aussi de tous étiez jà regretté, Fors de l'envie et de votre bon frère ; Lui ne voyant en vous de sainteté Priait à Dieu qu'il vous mît vite en terre, Pour accourcir d'autant l'iniquité, Vers adressés par Piron à Voltaire, le 3 déc. 1723. C'est un archaïsme.

HISTORIQUE
    Xème siècle
     Eulalie: Tuit oram que por nos [elle] degnet preier
     Fragm. de Valenç. p. 469: Preiets [priez] li que de cest periculo nos liberat
    XIème siècle
     Ch. de Rol. LXVI: N'i a paien [qui] nel prit [prie] e nel aort [adore]
     ib. LXXXVII: Clamez vos coulpes, si preiez Deu merci
    XIIème siècle
     Couci, VII: [Je] Proi vous, dame, par vo très grant valor, Que vous amez [aimiez] vostre loial ami
ID.: « Bele dame me prie de chanter »
     ib. XX: As fins amans proi [je prie] qu'il dient le voir [vrai]
     Sax. XI: Qui donc veïst le duc nostre Seigneur Qu'il ait merci de s'ame....
     Th. le mart. 25: Sire, li reis vus ad porté grant amistié ; Bien li devriez faire ço qu'il vus ad preié
    XIIIème siècle
HUES D'OISI: « Ne chantez mais, Quesnes, je vous en prie »
VILLEH.: « Prions leur que il nous aident à conquerre la cité »
     Berte XVI: Je vous pri sur la foi que vous m'avez jurée....
     ib. LIX: Por le roi Pepin [elle] proie, nel [ne le] met pas en oubli
     Poésies franç. mss. avant 1300, t. IV, p. 1472, dans LACURNE: On dit pieça qu'au desoz [au-dessous] est qui prie ; Je nel cuidai jà si bien essaier
    XVème siècle
FROISS.: « Or regardez du comte de Flandre ; il semble qu'il ny attouche, et il fait tout ; il veut l'espée en la main »
     Jeh. de Saint. ch. 53: Et au departir qu'ils firent, le pria et toute sa compagnie pour le lendemain disner
CH. D'ORL.: « Belle que tant veoir vouldroye, Je prie à Dieu que brief vous voye »
CH. D'ORL.: « Par ung qui vault commandement, Chargé m'avez d'une balade faire »
     Perceforest, t. II, f° 104: Les faulz prianz [les faux amants, ceux qui font de fausses prières]
     ib. t. III, f° 86: Comme le rossignol prie [fait l'amour], il chante melodieusement
     Lancelot du lac, t. III, f° 24, dans POUGENS: Si luy ent qu'il descendist et qu'il allast manger avec elles ; car aussi bien estoient elles seules, fors que d'ung nayn qui leur servoit ; et il ne se fist point longuement ; car il n'avoit mangé de tout le jour
    XVIème siècle
RAB.: « Priez à Dieu qu'à elle soit propice »
CALV.: « À quoi tient-il, je vous prie, que nous sommes si froids et craintifs à entrer au combat ? »
MONT.: « Je la priay s'en reposer sur moy »
MONT.: « Isocrates estant prié en un festin de parler de son art »
MONT.: « Je te prie de croire que cela advient à chascun de nous »
YVER: « Elle lui pria le bon repos et se retira »
AMYOT: « Capitolinus en devint amoureux, et le pria de son deshonneur sur le poinct qu'il estoit en la fleur de son adolescence »
H. EST.: « Bonjour, M. Philausone, je suis fort joyeux de ceste rencontre ; car j'avois delibéré de vous aller d'un plaisir »
COTGRAVE: « Qui veut apprendre à , aille souvent sur la mer »

ÉTYMOLOGIE
    Berry, préyer, perier, peurier ; provenç. pregar, preguar, preyar ; ital. pregare ; du lat. precari ; comparez sansc. prachh, demander ; zend fraça, demander ; all. fragen, interroger.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE PRIER. - REM. Ajoutez :
    4. Mme de Sévigné, impliquant dans le sens de dire, a continué, après , sa phrase par que : Le roi le pria fort bonnement [le maréchal de Bellefont] de songer à ce qu'il lui répondait ; qu'il souhaitait cette preuve de son amitié, qu'il y allait de la disgrâce, 26 avril 1672. Cela est bref et bon.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


(On écrit au présent de l'indicatif et à l'impératif, "Prions, priez;" à l'imparfait de l'indicatif et au présent du subjonctif, "Nous priions, vous priiez.") Demander par grâce, et avec une sorte de soumission. "Prier quelqu'un de quelque chose, de faire quelque chose. C'est un homme que je vous prie de protéger. Je vous prie, je vous prie instamment, je vous prie en grâce de lui rendre ce service. Après cela, je ne vous ai plus de rien. Priez-le de ma part de venir me parler."
Fam., "Je l'en ai prié comme Dieu, comme pour Dieu; je l'en ai prie à mains jointes," Je l'en ai prié avec toute l'ardeur possible.
"Prier pour quelqu'un," Intercéder pour quelqu'un. "J'ai prié pour lui, mais je n'ai pu rien obtenir." Dans cette phrase, "Prier" est neutre.
"Je vous prie," s'emploie souvent dans le langage ordinaire, absolument et comme formule de civilité. "Dites-moi, je vous prie, ce que vous entendez par là. Excusez-moi, je vous prie, je vous en prie, si je ne me rends pas à votre invitation. Faites porter cela chez moi, je vous prie. Remarquez, je vous prie, que... Quelle sera, je vous prie, votre situation?" Il s'emploie aussi dans quelques phrases, par forme de menace. "Je vous prie, que je n'entende plus parler de cela. Je vous prie, que cela n'arrive plus. Ne recommencez pas, je vous prie, je vous en prie."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Inviter, convier. "On l'a prié d'assister à la cérémonie. Il est de ceux qu'on a priés. On l'a prié à dîner. On l'a prié de la noce, de la fête."
"Il veut être prié, il aime à se faire ," se dit D'un homme qui diffère d'accorder une chose facile, qu'on lui demande. "Il s'est fait pour chanter, tandis qu'il en mourait d'envie."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Pratiquer cet acte de religion par lequel on s'adresse à Dieu pour lui demander des grâces: alors on dit, "Prier Dieu," sans rien ajouter de plus, et quelquefois absolument, "Prier. Il passe les nuits à Dieu. Il passe les nuits à . L'Écriture dit: Priez et veillez, de peur que vous n'entriez en tentation. Prier pour ses ennemis. Prier les uns pour les autres. Prier pour les morts."
"Prier la Vierge, les saints," S'adresser à la Vierge, aux saints, afin qu'ils intercèdent pour nous auprès de Dieu.
Fam., "Je prie Dieu que".... se dit par forme de souhait. "Je prie Dieu qu'il vous ramène en bonne santé. Je prie Dieu qu'il vous amende."
"Et sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde," ou simplement, pour les personnes d'un rang moins élevé, "en sa sainte garde." Formule par laquelle le roi terminait ses lettres.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

PRIèRE, s. f. ["pri-é", "pri-ère:" 2e "é" fer au 1er, "è" moyen et long au 2d. Dans le verbe l'"i" est long. devant l'"e" muet: il "prie"; ils "prient". Au futur et au conditionel, cet "e" muet ne se prononce pas, et quelques Poètes même ne l'écrivent pas: je "prierai", il "prierait": pron. "prîré", "prîrè", en deux syllabes.
   Alors, peut-être alors, vous le "prîrez" en vain.
       "Corneille".]
PRIER c'est 1°. demander par grâce. Il régit l'acusatif et l'ablatif. '"Prier quelqu'un d'une" grâce. 'Je "vous en prie".
- Il régit, en ce sens, "de" devant l'infinitif. 'Je "vous prie de" me "faire" ce plaisir; ou "que" avec le subjonctif; mais on emploie rârement ce régime, et seulement quand on veut intimer un ordre ou une menace: je "vous prie que" cela n'"arrive" plus. Hors delà, on emploie l'infinitif. '2°. Inviter, convier. Il régit alors "de" devant les noms, et "à" ou "de" devant les verbes: on "m'a prié de" la nôce. 'Il "m'a prié de l'acompagner".
- "Prier à dîner" ou "de dîner". Il y a quelque diférence entre ces deux expressions. "Prier à dîner" marque un dessein prémédité: "Prier de dîner" est un terme de rencontre et d'ocasion. "Mén." "Bouh." Au passif, on dit toujours "à": je "suis prié à dîner". = "Inviter à dîner", marque encôre plus de considération que " à dîner". Beauzée.
- 3°. S'adresser à Dieu pour lui demander des grâces, ou aux Saints, à la Sainte Vierge, pour les obtenir par leur intercession. "Actif". '"Prier Dieu". '"Le de" nous "faire" miséricorde; "Le qu'"il nous "garantisse" de tout danger.
- "Prier la" Ste. Vierge, "les" Saints, "d'intercéder" pour nous. "Neutre": 'Il faut "prier" les uns "pour" les aûtres, " pour" ses énemis, "pour" les morts, etc.
   "Prier", "suplier" (synon.) Le premier est moins respectueux et moins énergique que le second, qui marque, et un desir plus vif, et un besoin plus urgent d'obtenir. Nous "prions" nos égaux et nos amis de nous rendre quelque service: nous "suplions le" Roi et les persones constituées en dignité de nous acorder quelque grâce, ou de nous rendre justice. BEAUZ. "Synon."
   "Rem." 1°. Nos Anciens ne faisaient pas dificulté de dire, je te "pri'", je te "suppli'"pour je "te prie", je "te suplie".
   Passant je te "suppli'"d'arrêter pour entendre.
       "Ronsard".
Par la supression de cette licence, "prie" ne peut plus paraître qu'à la fin du vers.
- 2°. "Prier", passif, régit-il "de" et l'infinitif? J'en doute. 'Il "fut prié de précher" devant la Chambre des Comunes. "Targe", traducteur de "Smolet". Je crois que l'usage veut qu'on dise, en se servant de l'actif: on "le pria de précher".
   PRIèRE est 1°. Demande à titre de grâce. 'Humble, instante "prière". Faire "une prière à" quelqu'un. Il l'a fait "à ma prière". Acordez-le "à ma prière", ou~ "à mes prières". '"Les prières des" Grands sont des ordres.
- 2°. Acte de Religion, par lequel on s'adresse à Dieu. '"Les prières de" l'Église. 'Se recomander "aux prières de" quelqu'un. Faire "sa prière" ou "ses prières". Assister à "la prière". Soner "la prière".
   "Rem." "Prière", avec le régime de la prép. "de", a une signification active. "La prière des" Saints est la prière "que les" Saints "adressent à" Dieu, et non pas, comme l'entend "Bossuet", la prière "que nous adressons aux" Saints.




Emplacement dans le dictionnaire :

prévôt royal
prévôtale
prevoyance
prévoyance
prevoyant
prévoyant
prévoyante
prévu
prié

priere
prière
priés
prieur
prieure
prieuré
prieuse
primaire
primat
primates
primates




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